Sarah BERNHARDT (1844-1923) - Lot 179

Lot n° 179
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Sarah BERNHARDT (1844-1923) - Lot 179
Sarah BERNHARDT (1844-1923) Le Chant, projet pour l'opéra de Monaco Marbre blanc, signé Sarah Bernhardt sur la tranche de la terrasse. Circa 1878. H. 57,8 cm Provenance : - Collection particulière, Paris, dans appartement décoré et meublé par Jean Cocteau vers 1950. - Par descendance au propriétaire actuel. Bibliographie : - Revue britannique ou Choix d'articles traduits des meilleurs écrits périodiques de la Grande-Bretagne, janvier 1879, volume 319, p. 630 ; - A. Smith, Monaco and Monte Carlo, Philadelphia, 1912, pp. 319-320 ; - « L'Opéra de Monte-Carlo, aux temps du Prince Albert Ier de Monaco », dans Les dossiers du Musée d'Orsay, n°38, Paris, 1990, p. 8 ; - B. Foucart, Opéra de Monte-Carlo : renaissance de la salle Garnier, 2005, Paris, Le Passage, p.23. Célèbre actrice, Sarah Bernhardt (1844-1923), née Henriette Rosine Bernard, fut une créatrice aux multiples talents. Considéré comme Elle l'une des tragédiennes françaises les plus marquantes du XIXe siècle et du début XXe siècle, elle dessine également ses costumes, participe à la création de ses mises en scène, écrit des pièces, essais et romans et s'adonne aux arts plastiques, notamment la peinture et la sculpture. C'est dans les années 1860 qu'elle réalise ses premières œuvres sculptées et peintes. Ce nouvel élan créatif naît en réaction à certaines déceptions professionnelles, comme l'explique dans son autobiographie en 1907 : « C'est alors que je pris un atelier pour faire de la sculpture. Ne pouvant dépenser au théâtre mes forces intelligentes et mon désir de créer, je les mis au service d'un autre art. Et je me mis à travailler la sculpture avec une ardeur folle. » Dès 1874, cette nouvelle passion est couronnée par une première reconnaissance : Sarah Bernhardt expose au Salon. En 1876, elle y obtient une mention honorable pour sa sculpture Après la tempête, succès qui lui fit écrire : « Il me semblait maintenant que j'étais née pour être sculpteur ». En 1878, Charles Garnier sollicite Sarah Bernhardt pour réaliser une sculpture destinée à la façade du Théâtre lyrique de Monte-Carlo. L'architecte du splendide nouvel Opéra de Paris, sensible à la modernité et à l'audace, choisit alors volontiers des artistes issus d'autres domaines. C'est ainsi que l'actrice Sarah Bernhardt réalise le Chant tandis que son amant et maître, le peintre Gustave Doré, se voit commander son pendant, la Danse. Ce choix étonnant fût autant critiqué par des sculpteurs contemporains envieux qu'apprécié par les visiteurs et les curieux. L'envie qu'avait Garnier de faire travailler ces artistes issus d'autres domaines est attestée par la correspondance échangée entre les deux amants. Une lettre non datée de Sarah, adressée à Gustave Doré, en témoigne clairement : « Ami, je suis chargée d'une mission diplomatique près de vous ; alors je casse et vais droit au but. Voilà la chose. Garnier fait un grand théâtre à Monaco, il y a deux groupes de façade il m'en confie un et m'a dit qu'il aurait un grand désir de vous demander votre concours ; mais il craint que vous refusiez, est-ce vrai Ami chéri que vous ne voudriez pas m'avoir pour confrère en pendant - cela me rendrait fière ! Répondez vite à votre amie qui vous aime à plein cœur. Répondez de suite si Garnier peut vous faire sa demande sans risque d'être refusé par votre grandeur. Tendrement, Sarah. » Une seconde lettre, manifestement postérieure à la réponse favorable du Gustave Doré, confirme l'accord : « Vous faites deux heureux, Garnier et Sarah Bernhardt qui vous embrasse. S. B. Garnier ira chez vous, je crois demain ou après ». Peu d'informations nous sont parvenues concernant le procédé de réalisation de ces deux sculptures monumentales. Livrées en plâtre patiné et installées en façade, les figures de 2m50 du Chant et de La Danse ont été malmenées par le temps et les intempéries, subissant de multiples campagnes de restauration. Dès lors, notre sculpture en marbre, signée « Sarah Bernhardt » et représentant Le Chant apparaît comme un projet préparatoire pour lequel Charles Garnier aurait demandé certaines modifications, afin qu'elle s'accorde avec son pendant, la Danse de Gustave Doré. En effet, si le mouvement et l'aspect de le sculpture finale est peu différent de notre œuvre, elle s'en distingue principalement par la présence d'un jeune homme absent de notre composition. Cet ajout a probablement été réalisé pour former un pendant à la structure de la Danse de Doré, qui comporte également une figure masculine au pied de la danseuse. Avec cette figure du Chant, une musicienne angélique jouant de la lyre, la bouche ouverte prête à laisser s'échapper sa divine mélodie, Sarah Bernhardt s'inscrit dans la lignée des artistes académistes et ambitionne de donner à son œuvre une portée intemporelle, tel un ars longa inatteignable lors de ses apparitions sur scène. En
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