Georges SEURAT (1859-1891) - Lot 23

Lot n° 23
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Estimation :
6000 - 8000 EUR
Résultat : NC
Georges SEURAT (1859-1891) - Lot 23
Georges SEURAT (1859-1891) Deux apôtres du Sacrement de l'Ordination d'après Nicolas Poussin, vers 1875 Crayon noir Conté sur papier Michallet, (filligranné en haut à gauche), accidents et manques. 62 x 47,5 cm Non signé. Le nom de Seurat apparaît au verso de la feuille en haut à droite. Provenance : - Famille Seurat, légué par l'artiste à sa sœur Marie-Berthe Seurat (1847-1921), épouse de Léon-Antonin Appert ; - Léopold Appert (1867-1931), neveu de l'artiste ; - Collection particulière parisienne puis par descendance au propriétaire actuel. Bibliographie : - César M. de Hauke, Seurat et son œuvre, Paris, 1961, tome II, pp. 4-5, n° 225, reproduite et décrite comme Deux vieillards. - M.F. Zimmermann, Les mondes de Seurat, Paris, 1991, p.20, n°5, reproduite et décrite comme Deux apôtres, d'après Poussin. OEuvre en rapport : Nicolas Poussin, Le Sacrement de l'Ordination, deuxième série des Sept Sacrements, huile sur toile, 1647, 117 x 178 cm, Galerie nationale d'Écosse, n° inv. NGL 067.46 E. Georges Seurat (1859-1891) commence à dessiner dès l’âge de 7 ans en 1856. Un exercice est de rigueur dans toute école de dessin : la copie d’après l’antique. Agé de quinze ans, Georges Seurat suit les cours de l’école municipale d’art proche du domicile familial où il fait la connaissance d’Edmond Aman-Jean (1858-1936). Puis, à l’âge de 18 ans, il entre en février 1878 à l’École des Beaux-Arts de Paris, le temple de l’académisme, dans la section peinture où il est l’élève d’Henri Lehmann. Grand admirateur d’Ingres, c’est un homme de 64 ans solidement campé dans ses certitudes, rigide et fermé aux idées nouvelles. Au contraire de ses camarades, Seurat l’apprécie et suit son enseignement avec assiduité. Seurat travaille d’après l’Antique en réalisant notamment un grand fusain d’une sculpture antique représentant un Satyre et une chèvre vers 1877-1879, interprète Roger délivrant et Angélique d’Ingres, copie le Portrait de Southwell de Holbein. Le jeune Seurat réalisa plus de dessins d’après Ingres que d’après toute source artistique. Il étudia notamment le détail de la main de Nicolas Poussin (Metropolitan Museum of Art, n° 1987.326) dans l’Apothéose d’Homère d’Ingres conservée au Louvre. Ingres s’était lui-même inspiré de l’Autoportrait de Poussin, également au Louvre. Se concentrant sur la main du fondateur du classicisme français du XVIIe siècle, Seurat inscrivit sur le dessin : « Voilà le génie ». Après Rubens, Raphaël, Michel-Ange et Poussin, Seurat se rend régulièrement dans l’église Saint-Sulpice pour y contempler et copier La lutte de Jacob avec l’Ange de Delacroix. C’est de lui qu’il apprend, selon Signac, le rythme, la mesure et le contraste. L’apprentissage chez les Impressionnistes Avant d’inventer une nouvelle manière de peintre, les artistes impressionnistes ont été formés selon les règles de l’enseignement académique. Au XIXe siècle, l’apprentissage de la peinture passait d’abord par la copie et notamment la copie d’après l’antique : les élèves copiaient les statues grecques et romaines dans les écoles des beaux-arts ou dans les musées, notamment au Louvre. Cet exercice visait à comprendre les proportions idéales, l’équilibre des formes et la beauté du corps humain selon les canons classiques. Par exemple, Edgar Degas, avant de devenir l’un des maîtres de la modernité, a longuement copié des sculptures antiques comme le Gladiateur Borghèse. Ces études lui ont permis de maîtriser le mouvement et la tension du corps, qu’il réinterprétera ensuite dans ses célèbres représentations de danseuses. Mais les impressionnistes ne se sont pas arrêtés à la copie servile. Ils ont transformé cette pratique en un outil de recherche personnelle. Chez eux, copier ne signifie plus répéter un modèle ancien, mais explorer la perception visuelle et les effets changeants de la lumière. Ainsi, la copie d’après l’Antique, point de départ d’une solide formation, devient chez les impressionnistes le tremplin d’une révolution artistique. De l’imitation du passé, ils ont fait naître une peinture tournée vers la modernité. La technique du crayon Conté sur papier Michallet Dès la fin des années 1870, Georges Seurat commence à s’essayer au dessin en noir et blanc. Cette pratique lui permet de mettre en œuvre sa théorie du contraste, notamment en explorant les effets du clair-obscur. Il utilise exclusivement le crayon Conté sur un papier vergé rugueux, privilégiant particulièrement le papier Michallet. Grâce aux nombreuses possibilités offertes par ces deux matériaux, Seurat parvient à rendre visibles ses recherches sur la lumière. L’étude des caractéristiques de ses outils aide à mieux comprendre ses œuvres : en associant le crayon Conté au papier Michallet, il crée une véritable fusion entre la fig
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