VIVIEN Renée (Pauline Tarn, dite) [Londres, 1877 - Paris, 19 - Lot 197

Lot n° 197
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VIVIEN Renée (Pauline Tarn, dite) [Londres, 1877 - Paris, 19 - Lot 197
VIVIEN Renée (Pauline Tarn, dite) [Londres, 1877 - Paris, 1909], femme de lettres anglaise d'expression française. Ensemble de 4 lettres autographes signées, adressées à Kérimé : — [1906] ; 5 pages 1/2 in-8°. « Ma trop aimée, j'ai l'âme en peine... Ta carte postale est venue ce matin. Tu es triste, Inquiète ? Tu n'as donc pas reçu mes lettres ? […] Alors, quelqu'un (et je soupçonne plusieurs personnes) a dû s'emparer de mes lettres. Mais, c'est le moindre de mes malheurs. Je viens d'avoir une scène terrible avec Eva — qui ne veut pas me laisser partir avant le 27. […] Elle m'a menacée […] de te faire une scène, à toi, d'aller parler au Pacha... Elle était presque folle. J'ai eu si peur d'un drame, d'un scandale, de gros ennuis pour toi que j'ai préféré retarder de huit jours le cher bonheur de te voir. […] Depuis quelque temps, je suis la proie de la plus accablante tristesse. J'ai besoin de m'en aller — de m'enfuir vers toi ... et je suis la captive de mon ancien amour. Le passé me tient entre ses griffes .... Et je me débats en vain. » — [1906] ; 4 pages in-8°. « Jeudi soir, — le 10 — je quitte Paris, mais Eva veut absolument voir l'Exposition de Milan et je ne m'embarque que le 18 pour Mytilène. Je crains de ne pouvoir, malgré mon fiévreux désir, te rejoindre qu'à la fin du mois. Sois indulgente, puisque tu sais que les circonstances sont plus fortes que ma pauvre volonté. Ma princesse brune, je suis plongée dans une tristesse infiniment profonde, et je m'y noie peu à peu. Et tu ne m'écris plus. Qu'ai-je fait pour mériter ce supplice ? ». — [1906] ; 8 pages in-8°. « Je viens de recevoir, mon amour, ta lettre magique. Et j'en demeure éblouie et charmée. Ah ! ma douceur ! ma douceur infinie ! Ton souvenir m'obsède comme un parfum, me hante comme une musique. Et pourtant j'ai l'âme si douloureuse ! Dans le train qui m'emportait loin de toi, je songeais ... Mon chagrin ne s'étourdissait qu'à demi au bruit de roues et de ferrailles ... J'étais triste dans toute mon âme... D'un mot, tu aurais pu me retenir ... et ce mot, tu ne l'as pas osé prononcer ! Ainsi, je songeais, loin de toi. Et la fatalité de l'existence m'opprimait inexprimablement. Depuis mon retour, je reste lasse et découragée, n'osant rien, ne voulant rien, ne désirant plus rien. Le travail me fatigue, la solitude m'effraie et m'attire pourtant, tout m'irrite et me blesse. Le bruit des voitures sous mes fenêtres m'est insupportable. […] Je t'aime d'un amour terrible : d'un amour qui me fera mourir. » - [1906] ; 3 pages in-8°. « Ma lointaine Bien-Aimée je songe, avec tant de douloureuse intensité, à ton inaccessible douceur ! Parmi les laideurs et les vulgarités d'une existence trop civilisée, la beauté de ton souvenir demeure dans un décor charmant — presque irréel. Le temps chemine et je pourrai, dans la première semaine d'août, revoir tes yeux, revoir tes cheveux, reprendre tes lèvres ... Quel merveilleux destin nous a mystérieusement attirées l'une vers l'autre ! Lorsque je songe à tout ceci, j'hésite à y croire. Il me semble que j'ai imaginé un poème, tout simplement ... Mais toi, ma très exquise, mais toi ! Jamais je n'aurais eu l'art ni le génie de t'évoquer, vivante en ton indicible grâce ! ».
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