CHAISSAC Gaston [Avallon, 1910 - Vix, 1964], peintre et homm - Lot 192

Lot n° 192
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Estimation :
500 - 600 EUR
CHAISSAC Gaston [Avallon, 1910 - Vix, 1964], peintre et homm - Lot 192
CHAISSAC Gaston [Avallon, 1910 - Vix, 1964], peintre et homme de lettres français. Lettre autographe signée adressées au Dr Robert Forestier. Clairvivre, 11 août 1939 ; 4 pages petit in-4°. Dr Robert Forestier fût l'un des médecins du sanatorium de La Musse, près d'Evreux où Chaissac soigna sa tuberculose en 1938, avant d'être envoyé au village sanitaire de Clairvivre, en Dordogne, où il resta jusqu'au début mai 1942, s'installant ensuite en Vendée avec son épouse institutrice. Chaissac prie son correspondant de conserver les dessins qui lui plaisent, le remerciant de sa franchise. « Quoique vous n'êtes pas pour la peinture conventionnelle, je comprends qu'il y a des choses qui peuvent vous déplaire. Il y a des conventions, des nuances parfois difficiles à observer. Je ne m'approuve pas, je trouve même insensé de peindre sans savoir ni peindre ni dessiner, je ne trouve admissible que mes dessins filiformes, parce que ma façon d'utiliser les courbes est la seule qui me permette de dissimuler habilement mes maladresses ». Il se reconnaît une réelle instabilité « mais je ne lui ai jamais donné libre cours, je suis de la race des bougnats auvergnats qui n'ont qu'un but précis dans l'existence (si une cause nous empêche de suivre ce but précis, la vie n'a pour nous pas grand intérêt ; j'envie presque les malades pour qui le séjour en sanatorium n'est que de délicieuses vacances prolongées. Vous savez que c'est l'absence de besoin qui fait notre force et parfois notre malheur) notre malheur), ma continuité à peindre, malgrés que cela n'a pour moi qu'un intérêt secondaire (comme occupation, ce ne sera jamais pour moi qu'un pis-aller) en est la preuve, en tout il en a toujours été ainsi. […] J'ai appris à aimer et à comprendre la peinture moderne, j'ai à ce sujet des idées forcément personnelles, n'ayant jamais rien compris aux écrits hermétiques de certains peintres. Un tableau reproduisant trop fidèlement la nature n'a rien de personnel, l'artiste ne s'est servi que de ses yeux, de son cerveau, de sa main habile, il n'y a pas mis son âme, aussi, nous laisse-t-il indifférent ; je préfère la beauté à la vérité, on doit toujours embellir la vérité ; nous aimons les contes orientaux, les romans les plus idéalisés, nous savons que ces histoires merveilleuses, ces sentiments sublimes, n'existent pas et pourtant nous aimons croire qu'ils existent. Les dessins abstraits me font penser aux religions, c'est l'idée première ensevelie sous les dogmes. La vérité, embellie par de belles légendes. Je ne me considère pas comme un artiste mais comme un ouvrier qui fait de son mieux pour équilibrer ses constructions, afin qu'elles ne s'écroulent pas ; si je suis un artiste, il faut aussi considérer comme tel, celui qui fait une mosaïque avec des morceaux de vaisselle cassés qui fait un bouquet, etc. ». Il ajoute en post-scriptum que certains de ces dessins filiformes ont été exposés à la galerie Matières et Formes [galerie Breteau] rue Bonaparte à Paris.
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