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Montre «bassine» en or et émail Peinture…

Lot 225
40 000 - 60 000 EUR
Résultats avec frais
Résultat: 262 500 EUR

Montre «bassine» en or et émail Peinture…



Montre «bassine» en or et émail
Peinture sur émail sur or, attribuée à l'atelier parisien des frères
Henri Toutin (1614-ap.1683) et Jean (II) Toutin (1619-ap.1660)
Mouvement signé par Grégoire Gamot (ap.1600-1673)
Paris, vers 1650.

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Vraisemblablement L'Enlèvement d'Hélène
Probablement d'après Sébastien Bourdon (1616-1671)
Montre ronde avec l'indication de l'heure de Grégoire Gamot (ap.1600- 1673), Paris, vers 1650
Boîtier à deux corps de forme ronde «bassine», en or (20 ou 21 carats), peinture polychrome sur émail attribuée à l'atelier parisien des frères
Henri Toutin (1614-ap.1683) et Jean (II) Toutin (1619-ap.1660); sur le fond, la scène représente vraisemblablement L'Enlèvement d'Hélène, probablement d'après Sébastien Bourdon (1616-1671); sur le pourtour du fond, une suite de personnages dans des paysages arcadiens; à l'intérieur du fond, un couple assis avec un enfant, allégorie de l'Amour, près d'une rivière, dans un décor champêtre, arboré et montagneux; lunette montée à charnière ornée d'une frise de fleurs; pendant émaillé blanc.
Cadran en or (20 ou 21 carats) entièrement peint polychrome sur émail; à l'extérieur, cercle des heures émaillé blanc, avec chiffres romains rayonnants, peints de couleur noire; au centre, une scène représente un personnage couronné entouré de femmes et enfants.
Aiguille unique des heures, en laiton gravé et doré, de type «tulipe».
Mouvement en laiton doré et acier, calibre en cage à quatre piliers de forme «balustre», avec fusée et corde en boyau reliant le barillet, rouage et échappement à roue de rencontre dit à verge; foliot circulaire à deux bras en acier, coq en laiton doré, à un pied, repercé et gravé de fleurs de fraisier; coqueret décoré en suite maintenant le rochet en acier bleui de la fusée et son ressort cliquet.
Signature
Mouvement: sur la platine supérieCommentaires
Les exemples de ce genre de montre du XVIIe siècle sont rarissimes sur le marché de l'art; la plupart de ces prestigieuses pièces, destinées alors à la plus haute aristocratie, étant déjà conservées dans des collections publiques ou privées.
La scène peinte sur le fond du boîtier est en cours d'attribution. Comme pour beaucoup de sujets peints à cette époque, il existe une grande confusion quant à leur identification exacte.
La scène n'est ici en aucun cas liée aux Amours de Théagène et Chariclée - récit aussi connu sous le nom d'Histoire Ethiopique - tirée de l'épopée écrite par Héliodore d'Emèse au début du IIIe siècle. Le peintre Charles Poerson (1609-1667) en a extrait plusieurs momentsclés (dont plusieurs peintures à l'huile sur cuivre, vers 1645/1650). Quatre de ces tondi sont ensuite repris dans le décor de diverses montres par Robert Vauquer (1625-1670) et son atelier de Blois, vers 1650. Une douzaine de boîtiers de montre ornés de ces sujets sont aujourd'hui répertoriées. La dénomination exacte du thème et de ses diverses scènes, ainsi que l'attribution au peintre sur émail, sont aujourd'hui démontrées par le Dr Hans Boeckh de Genève.
Cet historien a également étudié les oeuvres du peintre Sébastien Bourdon (1616-1671) et celles de l'atelier parisien des frères Henri Toutin (1614-ap.1683) et Jean (II) Toutin (1619-ap.1660), peintres sur émail, dont on connaît quelques émaux dûment signés, certains étant même datés. Le style de ces dernières pièces nous permet l'attribution du boîtier de notre montre à cet atelier.
Si le sujet de notre scène reste à définir, nous pensons qu'il s'agit vraisemblablement de L'Enlèvement d'Hélène et qu'il est reprit d'une composition perdue de Sébastien Bourdon mentionnée dans la littérature.
On y voit un très jeune héros qui invite - qui incite - une jeune femme à l'accompagner.
Dans la rhétorique du XVIIe siècle, le geste de la main, placé ici au centre du tableau, indique que la femme doit absolument suivre l'homme. Dans le cadre de notre hypothèse, le très jeune homme est donc le prince troyen Pâris qui ravit, après l'avoir séduite, la belle Hélène à son mari Ménélas, roi de Sparte. Cet événement déclenche la guerre de Troie qui oppose Grecs et Troyens (conflit légendaire de la mythologie grecque situé en 1180 av. J.-C dont l'historicité est controversée).
Au dessus du couple, un génie vole, tenant une torche allumée, symbole de l'Amour. Sur le côté, un vieil homme désigne le voilier troyen prêt au départ.
La composition de notre scène est pour le moment inédite dans le corpus des montres que nous connaissons. Elle ressemble à une scène plusieurs fois vue mais où les personnages sont d'un âge plus mûr; l'homme casqué accompagnant la femme. Ce dernier sujet est qualifié soit d'Arrivée de Cléopâtre (le guerrier étant Marc-Antoine), soit des Adieux de Didon et Enée, d'après L'Enéide, épopée de Virgile (70 av. J.-C. - 19 av. J.-C.); le Dr Hans Boeckh le titrant actuellement d'Enlèvement d'Hélène. C'est la jeunesse de nos héros qui nous incline à reprendre ce titre pour notre scène, laissant les autres boîtiers de montre à Antoine et Cléopâtre.
Outre ces sujets liés à l'histoire antique et à la mythologie (plus:
Le Jugement de Pâris; Ulysse et Andromaque; Sophonisbe; etc.), on retrouve dans la décoration de boîtiers de montre inspirée par les oeuvres de Sébastien Bourdon divers thèmes religieux issus de l'Ancien et du Nouveau Testament (Eliézer et Rébecca; Abigaïl et David; Sainte Famille; Vierge à l'Enfant; etc.).
À l'intérieur du fond du boîtier, la scène est probablement issue d'un des nombreux cahiers de gravures de l'époque, dus à Abraham Bosse (1602-1676), Henri Mauperché (1602-1686), Gabriel Perelle (1603- 1677) ou Laurent de La Hyre (1606-1656).
Le thème peint au centre du cadran est difficile à titrer. Il peut s'agir d'une histoire de belles captives dont le roman et le théâtre sont alors friands ou d'une allégorie tirée de la Bible ou de l'histoire antique.
Notons que le peintre Sébastien Bourdon est premièrement marié à Suzanne
Du Guernier (?-1658), soeur de Louis Du Guernier (1614-1659), miniaturiste en gouache et sur émail, que l'on tient pour un élève de Jean (I) Toutin (1578- 1644), père d'Henri Toutin et Jean (II) Toutin. Les autres frères de cette dame sont
Alexandre (II) Du Guernier (?-1655), peintre de paysage, et Pierre Du Guernier (?-1674), dit le Jeune, peintre en miniature du roi. L'artiste épouse en secondes noces (février 1659), Marguerite Jumeau (1632-?). Dans son entourage, on trouve alors le peintre Jean Vagnard (?-?), l'orfèvre et miniaturiste sur émail Louis-Pierre Jean (1615-1659 ou 1660), l'horloger Jacques Goullons (?-1671), actif à Paris dès 1626.
Notons également que Sébastien Bourdon et Charles Poerson sont les auteurs de petits tableaux de format ronds, dit tondo (au pluriel tondi), peints à l'huile sur cuivre, qui servent directement aux peintres sur émail de leur entourage respectif à créer leurs boîtiers de montre, sans passer par le stade de la gravure, contrairement à Simon Vouet (1590-1649) qui lui aussi est la source de nombreux décors de montres, via la gravure; le sujet étant alors renversé par rapport à l'oeuvre originale.
ure «G.Gamot/A Paris»
Dimensions
H.: 57,3 mm (avec le pendant) - Gamot, Grégoire
Né au début du XVIIe siècle, il est reçu maître horloger probablement en 1628.
Le 1er septembre 1634, il signe un contrat d'apprentissage de six ans pour Nicolas Bourret, fils de Nicolas Bourret, adjoint au présidial de Mantes, moyennant 180 livres. Il est alors mentionné comme maître horloger, rue de la Calandre, paroisse Saint-Germain-le-Vieil à Paris, en l'Ile de la Cité. Le contrat semble être immédiatement rompu le 4 septembre («désistement»).
Le 15 janvier 1638, il est cité pour une «obligation». Il est alors mentionné comme maître horloger, rue de la Barillerie, paroisse Saint-Barthélemy à Paris, en l'Ile de la Cité. Cette rue est perpendiculaire à la rue de la Calandre; elle traverse l'île du pont au Change (quai de l'Horloge) au pont Saint-Michel (quai des Orfèvres). C'est le coeur de Paris, quartier des maîtres horlogers, orfèvres, fondeurs de métal, etc.
Le 20 février 1646, il signe les nouveaux statuts de la corporation des horlogers de la ville de Paris, avec cinq autres confrères représentant la communauté des maîtres (Pierre Belon, David Margotin et Nicolas Bernard, jurés; Claude Raillard et Guillaume
Beauvais, maîtres), demandant à Louis XIV de confirmer et renouveler les privilèges, sentences et ordonnances dudit art et métier.
En 1652, il est encore cité rue de la Barillerie à Paris, en l'Ile de la Cité.
Il décède en 1673.
Le 22 août 1695, est mentionné (déposé ou ouvert?) le testament de son épouse Jeanne, née Gontier.
Sa fille Françoise Gamot, épouse, le 27 juin 1670, Pierre (II) Le Bastier (v.1641-?), maître orfèvre (reçu en 1668).
Il semble avoir également au moins deux fils. Louis, reçu maître horloger (par lettres patentes) en 1669; cité en 1673; décédé en 1681. Gilles, maître horloger, cité en 1673.
Quelques montres de Grégoire Gamot sont conservées dans des musées: Bâle, Historisches
Museum, Haus zum Kirschgarten, Dr. Eugen Gschwind-Stiftung; Baltimore, Maryland, The Walters Art Museum; New York, The Metropolitan Museum of Art; Paris, Musée du Louvre (Département des Objets d'art). Quelques autres sont apparues en ventes aux enchères publiques.
La naissance de la peinture sur émail et les Toutin Cette technique d'art appliqué est apparue en France vers 1630. Selon André
Félibien (1619-1695), éminent théoricien de l'art français, cette technique servant à décorer des objets en or, argent ou cuivre, en polychromie de couleurs vitrifiables est inventée à Châteaudun en Poitou par l'orfèvre Jean
Toutin (1578-1644).
La technique s'est développée en effet d'abord à Châteaudun, à Blois, à Paris et à Londres pour s'étendre par la suite dans toute l'Europe. Sa méthode consiste du plan des couleurs, dans l'application exclusive de pigments consistants en de purs oxydes de métaux. On les applique au pinceau finement broyés en les mélangeant avec quelques gouttes d'huile de lavande sur un fond déjà pré-émaillé, généralement de couleur blanche, et qui recouvre un support réalisé en or, en cuivre ou plus rarement en argent. Par des cuissons répétées, ces pigments s'unissent sous l'influence de la chaleur d'un four approprié à quelques 500° à 700° Celsius par un procédé de vitrification avec le fond préémaillé.
L'attrait de cette technique consiste dans le fait, de rendre les couleurs immuables et inséparables du support pré-émaillé. De sorte que les motifs peints résistent assez bien aux frottements et aux influences habituellement néfastes de l'humidité et de la lumière.
Ce procédé, issu à l'époque de vastes connaissances alchimiques et de la très grande maîtrise technique et artistique, eut de par l'éclat de ses couleurs un énorme prestige surtout auprès des cours de l'Europe, restant ainsi en vogue jusqu'à l'apparition de la porcelaine de Saxe au début du XVIIIe siècle. Seuls les artisans de Genève lui ont rendu entre 1770 et 1830 environ, une sorte de deuxième jeunesse, dû à leurs inventions inégalables, tel l'émail flinqué, les ors paillonnés et le fondant. Et ce furent ainsi les artisans de Genève qui ont su lier leur nom à toujours, après les succès historiques de cette technique à Châteaudun, Blois, Paris, Londres, Nuremberg, Augsbourg, Berlin et Vienne, avec ce beau procédé insolite.
Au milieu des années 1630, Jean Toutin est actif à Paris où il a un atelier.
Il utilise pour ses décors des sujets issus de la mythologie gréco-romaine ou de la Bible. Parmi les artistes qu'il copie, on peut citer Antonio Tempesta (1555-1630), Jacques Callot (1592-1635), Matthäus Merian (1593-1650), dit le Vieux, etc. Ses fils, Henri (1614-1683) et Jean II (1619- ap.1660), travail avec lui. Dans les années 1650- 1660, l'atelier s'inspire d'oeuvres de Sébastien Bourdon (1616-1671), qui sont exécutées par l'artiste sous forme de Tondi. Ce format rond est pratique pour les peintres sur émail qui n'ont ainsi pas besoin de réinterpréter la scène pour la transposer sur les couvercles ou fond de boîtiers de montres. Pour les sujets subalternes, comme les intérieurs des boîtiers de montres, ces émailleurs emploient des motifs issus des cahiers de gravures de Paul Bril (1554-1626), Gabriel
Perelle (1603-1677), etc.
Les ateliers blésois et parisiens de l'époque s'inspirent également des oeuvres de Simon Vouet (1590- 1649), Jacques Stella (1596-1657), Charles Poerson (1609-1667), etc. Ce dernier produira plusieurs Tondi ayant pour sujet Les Ethiopiques ou l'Histoire de Théagène et Chariclée, notamment employés par des peintres sur émail, tel Robert Vauquer (1625-1670) de Blois.
Nous remercions Monsieur Arnaud Tellier pour ses recherches et son aide.Ø 50,5 mm - Ép.: 17,8 mm (sans le verre) - Ép.: 26,3 mm (avec le verre)
Accompagné de son écrin de protection en cuir, doré au fer Ø 56,6 mm (accidents, petits mq d'émail)
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