BERLIOZ Hector [La Côte-Saint-André, 1803... - Lot 283 - Oger - Blanchet

Lot 283
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BERLIOZ Hector [La Côte-Saint-André, 1803... - Lot 283 - Oger - Blanchet
BERLIOZ Hector [La Côte-Saint-André, 1803 - Paris, 1869], compositeur français. Lettre autographe signée « H. B » adressée à sa soeur. [Paris] 5 octobre [1843] ; 4 pages in-8°. Très belle lettre à propos de ses Lettres sur l'Allemagne en cours de parution dans Les Débats et qu'il cherche à faire publier en volume, de ses pressants besoins financiers, d'une possibilité d'emploi en Russie et d'une plaisante anecdote concernant Alphonse de Lamartine. Il annonce une lettre peu agréable. « Je suis d'une humeur de roi constitutionnel qui se voit refuser quelques millions par sa Chambre des épiciers. Figure-toi, un gredin de libraire qui me fait demander il y a huit jours, si je veux bien lui vendre mes lettres sur l'Allemagne et m'assigne un rendez-vous pour aujourd'hui à son retour de la campagne (ils ont tous des campagnes, ces messieurs). J'y vais... Et il m'apprend, d'un air marri, qu'il a réfléchi et qu'il ne peut plus éditer mon volume ; que les cabinets de lecture ne l'achèteraient pas et que ces établissements sont les seuls qui fassent vivre la librairie, etc. etc. En rentrant, je trouve pour m'achever une grande pancarte, un diplôme qui m'arrive de Rome. On me nomme membre étranger de l'Académie de Sainte Cécile. Il faut maintenant que je réponde à je ne sais quel cardinal protecteur de l'Académie. Voilà un honneur assez rare il est vrai, mais que je donnerais pourtant bien volontiers avec son épais parchemin pour une mince feuille de papier jaune portant en tête ces mots miraculeux : mille francs. Le sang me bout dans les artères. Je voudrais [suivent 8 mots biffés d'une autre encre, illisibles]. J'ai écrit à Grégoire Wolkonski [le diplomate Grégoire Volkonski] que j'ai beaucoup connu ici et qui dirige ou à peu près les beaux-arts en Russie. S'il me trouve quelque chose de potable à Saint-Pétersbourg, j'y vais. J'ai écrit ici au ministre de la Guerre pour lui demander tout bonnement une place qui n'existe pas, celle d'Inspecteur général des musiques militaires de France. On me fait espérer…. moi je ne crois qu'à ce que je tiens. Ce serait pourtant bien beau ! Je voyagerais, je courrais, je changerais de place, je formerais des régimens de musiciens et je détruirais la race des musiciens de régiment. Nous aurions pour les camps des orchestres de deux mille hommes, je leur ferais des symphonies pindariques, napoléoniennes….. Quand j'aurai cinquante ans, on me nommera. Je suis furieux aussi à cause de ma dernière lettre sur Berlin qu'on n'insère pas dans les débats et qui attend depuis huit jours. J'ai eu la stupide galanterie de l'adresser à Melle Bertin et son frère Armand lui en a envoyé l'épreuve à la campagne pour qu'elle voie si l'histoire étrange qui est au commencement dans mon récit ne l'effarouche pas trop. Si j'avais tout bonnement écrit à un de mes amis, la lettre aurait déjà paru. Voilà ce que c'est que de vouloir faire du dévouement. Je m'ennuie, je m'ennuie, on m'ennuie, je t'ennuie. Quelle assommante vie ! Oh à propos ! une bonne farce ! Connais-tu l'histoire de Lamartine? Ce n'est pas d'hier, mais c'est immortel ! Le poète s'entoure naturellement de toutes les plus grosses bêtes de députés depuis qu'il pousse des racines dans le radicalisme. Il lisait un soir des vers devant un aéropage composé en grande partie de ces malhonnêtes bourgeois. Quand il a fini, un de mes butors se lève et frappant sur sa tabatière et souriant d'un air paterne : 'Oui, oui, dit-il avec un accent provençal, j'ai un neveu qui fait aussi des pétites couyonnades comme ça !...'. N'est-ce pas sublime et corrosif et bien mérité ? Jamais un homme d'esprit n'eut trouvé contre le député de Mâcon une aussi exterminant bêtise. Il faut s'incliner devant la nature ! L'art ne s'en approche pas. Nous avons un de nos collaborateurs (jeune) des Débats qui va partir comme historiographe d'une ambassade en Chine. Est-il heureux ? Sue voulait acheter un vaisseau un jour pour aller à Constantinople avec deux amis, c'est une bonne idée ! Si je vends mes deux volumes seulement cinq cents francs, J'achète une frégate et je vais me promener à Nouka-Hiva et je me fais patriarche insulaire et j'envoie la civilisation et les continents au diable incontinent. Bonjour chère soeur, je te quitte pour aller au comité du Festival qu'on veut me faire conduire à l'opéra un de ces jours, cela sera peut-être beau et néanmoins, je vais essayer de m'en garantir ».
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