ROUSSEAU Jean-Jacques [Genève, 1712 - Ermenonville,... - Lot 149 - Oger - Blanchet

Lot 149
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ROUSSEAU Jean-Jacques [Genève, 1712 - Ermenonville,... - Lot 149 - Oger - Blanchet
ROUSSEAU Jean-Jacques [Genève, 1712 - Ermenonville, 1778], écrivain et philosophe genevois de langue française. Lettre autographe signée « Renou » adressée à Pierre Clappier, docteur en médecine à Grenoble]. Monquin, le 26 mai 1789 ; 2 pages in-4°. « Je suis monsieur, en admiration devant les belles plantes que vous avez eu la bonté de m'envoyer et dont je vous remercie de tout coeur. Vous joignez au savoir de les bien connaître l'art particulier de les bien conserver, et je n'approche pas plus de l'un que de l'autre. J'avais le calceolus, j'avais l'uvularia, mais non pas dans un état approchant de la perfection des vôtres. J'avais aussi trouvé dans ce pays le carex que vous dites n'êtes pas décrit par Linnaeus, et je l'avais rapporté au carex digitata du même auteur, dont vous m'avouerez du moins qu'il approche beaucoup, s'il n'en est une variété. J'ai aussi trouvé près de Gisors, en assez grande abondance, la gentiana pumila de M. Gouan ; mais je ne m'y étais pas attaché, ne l'a prenant que pour une variété de la petite centaurée ; c'est peut-être pour cela que M. Linnaeus lui-même n'en fait pas la mention. Je ne penserais pas du moins que M. de Jussieu ait raison de croire que cet auteur l'ai confondue avec le gentiana filiformis, auquel il donne ses vrais caractères essentiels qui ne sauraient convenir à l'autre. Je douterais au contraire que M. Gouan lui-même ait bien connu le gentiana filiformis, puisqu'il lui donne (Flora Monsp, p. 469) un synonyme de Magnol qui ne lui convient en aucune sorte, le gentiana filiformis n'étant point pourpre et ne pouvant guère être appelé rameux, puisque, comme le dit très bien Sauvages, il n'a communément que trois fleurs. J'ajouterai que, par comparaison à cette petite plante, le nom trivial de pumila paraît mal convenir à l'autre, qui est au moins quatre ou cinq fois plus grande. Pardon, Monsieur, de l'impertinence avec laquelle j'ose faire des remarques critiques devant vous, mais c'est pour vous prouver que je néglige pas les vôtres et que je les étudie comme elles le méritent. La synonymie est la partie désolante de la botanique et sans laquelle, cependant, il est impossible à l'observateur de profiter des observations des autres, chose pourtant très nécessaire à qui ne peut tout voir de ses propres yeux. Parmi le petit nombre de livres de botanique dont je suis possesseur, je manque des plus nécessaires, je n'en ai que trois de Linnaeus : mais ces sortes de livres sont si chers et si rares, surtout en France où l'on cultive peu la botanique, qu'après beaucoup de vaines recherches pour acquérir ce qui me manque, je prends le parti de m'en passer. Vos leçons, monsieur, peuvent suppléer à beaucoup de choses et tant que vous ne dédaignerez pas de me les accorder, je ne perdrai point courage malgré mon peu de progrès. Je vous fais derechef mes actions de grâces et mes plus humbles salutations. » Provenance : galerie Privat
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