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Jean-Jacques LAGRENÉE dit le jeune (Paris 1739-1821)

Lot 21
15 000 - 20 000 EUR
Résultats sans frais
Résultat: 22 000 EUR

Jean-Jacques LAGRENÉE dit le jeune (Paris 1739-1821)

Le repos pendant la fuite en Égypte
Toile.
Porte sur le cadre une ancienne attribution à Boucher au dos une petite étiquette ancienne effacée.
Accidents et restaurations anciennes.
89 x 119,5 cm
Bibliographie en rapport:
Marc Sandoz, «Les Lagrenée: II Jean-Jacques Lagrenée (le jeune) 1839-1821», Editart-Les quatre chemins, Paris, 1988, p.191 - 192 (les dimensions données sont celles de la vente Gros de 1778).
Catalogue de l'exposition dossier «»La fuite en Egypte de Lagrenée le jeune (1739-1821)», Rennes, musée des beaux-arts, 20 juin-15 septembre 1986, catalogue rédigé par Patrick Ramade.
Nathalie Volle, «Variations rennaises: autour de la Fuite en Égypte de Jean-Jacques Lagrenée» dans «Album amicorum OEuvres choisies pour Arnauld Brejon de Lavergnée», Trouville-sur-mer, 2012, p.160
Provenance:
Peut-être vente à Paris, Hôtel Drouot, 26 avril 1861, Me Delbergue-Cormont (sans n°).
(Le tableau du musée de Rennes a également été identifié avec celui de cette vente car il portait une fausse signature F Boucher).
Notre tableau ne peut être confondu avec celui de la vente Gros (13-14-15 avril 1778), sous le n° 53, puisque le dessin de Gabriel de Saint-Aubin qui illustre l'exemplaire conservé au Petit Palais de Paris montre bien des colonnes cannelées et non lisses comme dans notre tableau.
OEuvre en rapport: Toile (86 x 117 cm - inv.85.11.1) et un dessin préparatoire au lavis bleu (46 x 70cm) sont conservés au musée de Rennes (inv. 1986-7-1; Ramade op. Cit. p. 23).
Jean-Jacques Lagrenée a illustré à plusieurs reprises l'épisode du «Repos pendant la fuite en Égypte», au moins quatre autres fois en peinture (Paris, collection particulière; Paris, église Saint-Nicolas du Chardonnet, commerce d'art en 1990) et aussi dans plusieurs dessins et gravure à l'eau-forte. On retrouve exactement la même composition dans le tableau du musée de Rennes, un peu plus petit, d'un style plus fini, plus achevé. Au second plan, les anges détruisent les idoles sculptées du temple d'Héliopolis, sujet emprunté à l'évangile apocryphe du
Pseudo-Matthieu (chap. XXIII), souvent illustré au Moyen- Age et à l'époque baroque, plus rare au 18e siècle.
La présence de cannelures sur les deux colonnes à droite et sur le fragment au sol, présentes à Rennes et absentes ici, constitue la principale variante entre les deux exemplaires. Ce détail est important car il permet de préciser l'historique de la version de Rennes, les stries étant bien visibles sur le dessin de Saint-Aubin.
On peut cependant s'interroger sur le fait de savoir si les deux tableaux n'ont pas été confondus ou intervertis à un moment. Lorsqu'elle a été retrouvée et achetée par le musée de Rennes, la toile a été identifiée avec celui de Salon de 1775 (n°134), dont les dimensions correspondent avec celles données par le livret: 3 pied 6 pouces sur 2 pieds 9 pouces, soit 89,33 x 113,76 cm).
Pourtant les trois critiques qui ont commenté l'oeuvre signalent l'aspect inachevé, d'esquisse qui correspond mieux à notre peinture qu'à celle de Rennes (Diderot ne l'a pas signalée):
Observations sur les ouvrages exposés au Salon du
Louvre, ou Lettre à M. le Comte de xxx, Paris, 1775, p.23-24: «Il y a un petit tableau de la Fuite en Égypte, où l'on voit des Anges qui renversent des Idoles. C'est un morceau excellent, composé avec génie, plein de feu, d'un bon effet, d'un coloris argentin et très harmonieux. On y désirerait que les têtes fussent plus rendues et le tout plus terminé».
Exposition au Salon du Louvre des Peintures, Sculptures et Gravures de MM. de l'Académie Royale», Mercure de France, 1775, oct. t. 1: «On jugera encore plus favorablement de son génie pour la composition d'après un autre de ses tableaux exposé au salon et représentant un Repos en Égypte.
La composition en est riche, bien ordonnée et d'un bon style; mais ce tableau fait pour être vu de près, ainsi qu'un autre tableau représentant l'Homme entre le Vice et la Vertu qui l'abandonne, demanderait à être terminé avec plus de soin, surtout dans la partie des mains qui sont trop négligées».
Un peintre provincial, de passage à Paris, Gabriel
Bouquier, commente également l'oeuvre de la façon suivante: «On voit encore de ce même artiste une bonne esquisse dont le sujet est la Fuyte en Égypte, et plusieurs dessins d'une grande beauté. Si Mr Lagrenée Le Jeune exécutoit un tableau aussi bien qu'il fait une esquisse ou un dessin, je suis très persuadé que nous aurions un peintre d'histoire... Cet artiste a de l'enthousiasme, ses figures sont pleines d'action, ses têtes assés expressives...» (Bouquier G. Observations critiques sur le Salon de 1775, 1775 publiées par Soubeyran et J.Villain «Critique du
Salon» de 1775, Revue du Louvre et des Musées de France, 1975, n°2, p. 95-104.
À cette date de 1775, Lagrenée est reçu académicien comme peintre d'histoire (il avait été agréé en 1769, à son retour d'Italie) et vient d'achever le compartiment au plafond de la galerie d'Apollon au palais du Louvre, toujours en place: L'hiver ou Éole déchaînant les vents.
Quatre ans plus tard, il reçoit la commande du plafond du théâtre du Petit Trianon à Versailles.
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